Actions

Work Header

Comportement Inhabituel

Work Text:

Reki admettait qu'il n'avait aucune envie de faire plaisir à Ainosuke pour son anniversaire. Depuis qu'il était ami avec Langa et les autres, ils avaient tous pris l'habitude de fêter leurs anniversaires ensemble et il ne ratait ces événements pour rien au monde. La joie sur le visage de Miya quand ils lui avaient tous offert un cadeau qu'il désirait ou le rire de Kojirou quand ils avaient essayé de lui préparer un repas d'anniversaire étaient des moments auxquels il repensait avec beaucoup de nostalgie et de bonheur.

Cependant, il n'avait absolument aucun souvenir agréable avec Ainosuke. Non, tout ce qu'il avait c'était une cicatrice sur le bras et des frissons désagréables quand il croisait son regard.

Malheureusement pour lui, Ainosuke passait de plus en plus de temps avec eux. Il n'était pas aussi dérangeant (et dérangé) qu'avant, mais il n'était jamais très à l'aise quand il était dans les parages. Il ne savait pas si c'était à cause de l'intérêt presque malsain qu'il portait à Langa ou si c'était plus dû aux souvenirs de l'horrible course qu'il avait fait contre lui.

En tout cas, il n'avait pas hâte de passer la journée entière avec lui. Heureusement qu'il y aurait Langa et les autres, au moins il pourrait juste l'éviter – pas qu'Ainosuke le remarquerait de toute façon, il passait tout son temps collé à Langa dès qu'il le pouvait.

 


 

– Un cadeau ? 

Reki regarda Kaoru emballer soigneusement une petite boîte avant de reporter son attention sur Kojirou qui préparait le repas.

– Kaoru a cherché un cadeau pour Ainosuke pendant des jours, dit-il. Et, j'ai un peu honte de l'avouer, mais j'ai eu beaucoup trop à faire ces dernières semaines pour acheter quelque chose. C'est pour ça que je me suis proposé pour faire le repas.

- Hm... 

Reki se retint de dire que de toute façon, tout le monde s'attendait à ce que ce soit lui qui cuisine étant donné que c'était littéralement son métier. Il se contenta de boire le jus qu'il lui avait aimablement offert à son arrivée en le regardant faire.

Mis à part eux trois, le restaurant était encore vide. Hiromi ne viendrait peut-être pas et Miya ne semblait pas vraiment intéressé par l’événement, même si Reki savait bien qu'il finirait par se montrer dans la journée. Langa, lui, avait probablement oublié. Il avait beau le lui avoir rappelé toute la matinée, il était bien du genre à ne pas regarder ses messages pendant des jours avant de se rendre compte que tout le monde le cherchait.

La porte du restaurant s'ouvrit, le tirant de ses pensées.

– Ainosuke. 

Reki retint un frisson en entendant Kaoru. C'était bien ce qu'il redoutait : se retrouver au milieu de retrouvailles entre trois anciens amis alors que lui n'avait clairement rien à faire ici – si seulement Langa et Miya ne l'avaient pas lâché ! Ainosuke et Kaoru échangèrent quelques mots qu'il n'écouta pas, puis il sentit avec une légère anxiété l'homme s'approcher de lui.

Il sursauta presque lorsque deux mains se posèrent sur la table à laquelle il était assis, de part et d'autre de lui, et que ce qu'il supposa être la tête d'Ainosuke vint presque se poser sur son épaule.

– C'est rare de te voir sans Langa-kun, souffla Ainosuke. 

Reki ne frissonna pas. Absolument pas. Et s'il avait frissonné, cela aurait été à cause du courant d'air dans le restaurant, pas à cause de la voix sensuelle d'Ainosuke au creux de son oreille. Mais de toute façon, comme il n'avait pas frissonné, la question ne se posait pas.

– Il arrive, mentit-il. Il a juste un peu de retard. 

Un retard de probablement plusieurs heures, si on prenait en compte le fait qu'il n'avait pas lu ses messages depuis hier soir.

– Je vois. 

Puis, contre toute attente, Ainosuke posa une main sur sa joue et tourna sa tête de façon à ce qu'il puisse le regarder dans les yeux.

– Et ? Quel cadeau m'as-tu apporté ? 

De quoi ?

– D-De quoi ? 

Reki refusait d'admettre qu'il avait bégayé.

– Ah, si tu n'as rien apporté, j'ai bien une idée de ce que tu pourrais m'offrir. 

Ainosuke passa lentement son pouce sur les lèvres de Reki qui ne savait absolument pas réagir. Il se demanda un instant si la chaleur qu'il ressentait et son cœur qui tambourinait dans sa poitrine étaient signes d'une crise de panique. Les symptômes étaient bien étranges.

Derrière eux, personne ne se préoccupa de Kaoru qui venait d'écraser le cadeau qu'il avait soigneusement emballé, ni de Kojirou qui avait fait tomber le gâteau par terre.