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Parent(s)

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Eddie avait un enfant.

Il ne savait ni pourquoi, ni comment, mais il était désormais le responsable légal d'un tout petit Peter Parker qui aimait lui mordre la main lorsqu'il s'endormait et refusait de manger ses légumes. Il devait s'occuper de lui, lui apprendre à être poli et sage, l'emmener à l'école et faire croire à ses voisins qu'il était un adulte responsable et non, ce n'est vraiment pas nécessaire d'appeler les services sociaux– pas la police non plus, je ne l'ai pas enlevé, je l'ai adopté.

Il aimait penser qu'il maîtrisait la situation.

En vérité, Venom n'avait pas dit un mot depuis l'instant où il avait signé les papiers d'adoption, Peter passait la journée devant la télévision à se gaver de chips et Eddie n'avait toujours pas d'emploi et arrivait à peine à subvenir aux besoins de l'enfant.

Il le savait : il était le pire parent au monde.

Il avait naïvement pensé que les choses s'arrangeraient petit à petit. Après tout, les autres parents avaient habituellement neuf mois pour se préparer à l'arrivée future de leur enfant – lui avait reçu un garçon de quatre ans presque du jour au lendemain. Évidemment qu'il n'allait pas savoir s'en occuper d'un coup, mais il n'avait pas pensé qu'il serait mauvais au point que son fils se fasse kidnapper.

Parce que oui, c'était la raison pour laquelle il se retrouvait à courir en pleine nuit, la pluie l'empêchant de voir correctement où il allait et manquant de se prendre des voitures à chaque fois qu'il traversait la route. Il n'était pas aussi athlétique qu'il aurait voulu l'être et l'homme qui avait enlevé Peter le distançait de plus en plus. Si seulement il avait l'aide d'un alien sanguinaire qui résidait dans son corps et boudait comme un enfant de dix ans.

- Venom ! hurla-t-il. Ce serait génial si tu pouvais arrêter de faire la gueule cinq minutes, juste le temps de m'aider à récupérer Peter !

Le silence lui répondit et il jura si fort qu'il fut un instant heureux que Peter ne soit pas à ses pieds pour entendre ce qu'il venait de dire.

- Je te jure Venom, si à cause de toi il arrive quelque chose à mon fils, je te tue. Je me tue pour te tuer. On crèvera tous les deux !

Soudainement, Eddie perdit le contrôle de son corps. Cette sensation, comme si aucun membre ne lui appartenait, il ne la connaissait que trop bien : Venom prenait le contrôle. Il sauta au-dessus d'une voiture, puis d'une autre, et il atterrit sur l'homme qui était entré dans une ruelle, espérant les semer. Malheureusement pour lui, il n'y avait personne dans cette ruelle et Eddie, qui n'avait plus aucun contrôle sur Venom et ne pouvait contenir ni sa rage, ni son appétit, ne put arrêter le massacre.

Peter ! eut envie de hurler Eddie, mais il ne contrôlait toujours pas son corps.

Venom était en train de dévorer un homme et lui ne pouvait même pas aller chercher son fils pour s'assurer qu'il allait bien.

- Venom, parvint-il à dire. Plus tard. Peter. Maintenant.

Il ne savait pas exactement ce qui réussit à convaincre Venom. Le désespoir qu'il ressentait, la terreur à l'idée qu'il soit arrivé quelque chose à Peter (la promesse de massacrer Venom s'il n'allait pas chercher immédiatement le garçon). En tout cas, Venom relâcha ce qu'il restait de l'homme et se dirigea à toute vitesse vers ce qui semblait être un hangar plus ou moins abandonné. Il défonça la porte (Eddie pria pour qu'il n'y ait aucune caméra de surveillance dans les alentours) et là, assis sagement sur une chaise, se trouvait Peter qui essayait tant bien que mal de rester éveillé.

Eddie sentit Venom lui redonner le contrôle de son corps et il tituba tant bien que mal vers le garçon.

- Papa ?

Il refoula la vague d'émotions qui monta en lui à la voix du garçon. Il allait bien. Il était vivant. Il était sain et sauf. Son fils était là, dans ses bras.

- Papa, on rentre à la maison ?

- Oui, souffla-t-il de soulagement en le serrant contre lui. On rentre.

Eddie pouvait sentir Venom en lui. C'était toujours compliqué de comprendre quels sentiments l'alien ressentait (si on pouvait appeler ce qu'il ressentait des sentiments), mais aujourd'hui, tout lui paraissait étrangement clair.

Notre fils.

Il n'était pas encore un bon père et Venom encore moins, mais ensemble ils feraient de leur mieux pour leur fils.